Le Ré-ensauvagement de la Grossesse et de l’Accouchement

 

Avec la grossesse, la femme est littéralement « propulsée » dans son intériorité. Isabelle Challut, accompagnante à la naissance et formatrice, le décrit avec grande justesse dans son livre « La maternité au Féminin » : « Un être se forme dans son ventre et son attention est donc amenée à l’intérieur. Elle va développer instinctivement écoute et ressenti de ce qui se passe dans son corps. En même temps, elle découvre souvent un lien avec quelque chose de plus vaste ; car le bébé est une réalité physique, il se développe, son corps se forme, grandit mais c’est aussi un être à part entière. Elle va souvent parler de ce qu’elle ressent de cet enfant, de sa vibration, de ce qu’il lui transmet de l’intérieur. Tout ce qui se passe en dedans d’elle n’est pas toujours rationnel et explicable : elle ressent, elle devient plus sensible, plus intuitive, plus connectée au subtil. Elle vibre avec cet enfant. (...) Ce regard vers l’intérieur qui se développe durant 9 mois, permet l’ouverture pour des changements profonds, des prises de conscience. La femme peut en profiter pour continuer d’explorer cette dimension plus globale qu’elle a touchée. »

En étant un passage, la grossesse permet un ralentissement, une pause. Être dans son corps, l’habiter, en prendre soin, le respecter. Isabelle Challut poursuit : « De nombreuses transformations ont lieu tant au niveau hormonal, donc subtil, que physique. Les premiers mois, la futur maman est parfois fatiguée, nauséeuse, plus émotive, son humeur est labile, changeante ; (...) tout le travail du corps pour accueillir une nouvelle vie et permettre la naissance est extraordinaire. »

« Chez certaines femmes, ce « goût du sauvage » vient à la grossesse, ou bien pendant qu’elles s’occupent de leurs tout-petits, ou au cours de ce changement miraculeux qui intervient en elles lorsqu’elles élèvent un enfant, ou enfin quand elles entretiennent une relation amoureuse comme on entretient son jardin. La vision de spectacle d’une grande beauté nous permet d’approcher la Femme Sauvage. Je l’ai sentie qui frémissait en moi devant un coucher de soleil magnifique. Je l’ai sentie en voyant, au crépuscule, des pêcheurs revenir du lac à la lumière de lanternes, en découvrant les orteils de mon nouveau-né, bien rangés comme les grains d’un épi de maïs doux. Nous pouvons la voir partout. »

Avec l’expression « Femme Sauvage », Clarissa Pinkola Estès souhaite décrire de façon métaphorique la force fondatrice de l’espèce féminine. « Le mot sauvage n’est pas utilisé ici dans son sens moderne et péjoratif, d’ « échapper à tout contrôle », mais dans son sens originel de « vivre une vie naturelle » », en accord avec ses rythmes biologiques et ses aspirations profondes.

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